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le JUBEN en balade

Message non luPosté: 27 Décembre 2009, 18:08
par cantepat
2009 : Promenade dans le sud Bretagne

Le Juben (Sun fast 20) attend tous les ans l’arrivée de Patrick, « le Bosco », pour partir se dégourdir les jambes. En effet le reste de l’année Michel, « le Capitaine », navigue en solitaire autour de Lorient sur le Juben ou en équipage lors des entrainements d’hiver sur des bateaux trop gros pour nos pages.

Cette année, nous visiterons les estuaires de la côte sud entre Laïta et Odet. Le week-end du 14 juillet, pour les marées, c’est parfait. Le bateau est avitaillé, c’est que deux gars de plus de 80kg, ça mange… et ça boit.

Départ de la petite mer de Gâvres, direction le bas Pouldu, le vendredi après midi dès la débauche du « Capitaine ». Navigation paisible jusqu’à l’entrée de la Laïta. Présentation dans la passe en début de montant, avec un dériveur intégral, on ne va pas stresser d’autant qu’on y est déjà passé il y a quelques années. Justement, un bateau sort, il nous montre la route. On ne se serait même pas trompé. L’arrivée dans le port sera plus « sport » : vent portant, courant dans les fesses. Au niveau des corps morts, on se serait pris pour Loeb en rallye dans un embouteillage. Heureusement le bateau est petit, a peu de tirant d’eau et est maniable, sinon on aurait fait le spectacle. Quelques minutes plus tard, on se retrouve seuls au monde. Entre le vent et le flot, on a du mal à se décider de mouiller, on veut voir toujours plus loin. Petite montée d’adrénaline, nos 25 cm de tirant d’eau sont encore de trop, nous voilà posés au milieu de la rivière. Le vent, le courant et la marée nous aident à sortir de cette position désagréable (pour notre amour propre plus que pour notre confort).
Nous dormirons entre les roseaux au milieu des oiseaux et du bois flotté (toute la nuit, il frottera contre la coque au grès du courant). Sinon, mouillage plus calme qu’un lac.




Le banc à l’entrée de la Laïta. Le courant au niveau du « Bas Pouldu ». au pays du matin calme, le bosco pèche au gros.

Le second port d’attache du Juben étant le Belon, on zappe les estuaires suivants, direction les Glénans.

On démarre dans la pétole, obligés de descendre la Laïta au moteur. Dès qu’on est sortis : toutes voiles dehors. On se traine, mais dans la bonne direction, c’est déjà ça. Comme on ne va pas trop vite, on peut pêcher. Sur tout le périple : un bar, qui trop petit sera remis à l’eau. Heureusement que la cambuse est pleine. Nous arrivons tout de même au but avant la nuit. Ils annoncent un coup de vent de secteur Sud. On mouillera donc abrité au plus près de la plage de l’île du Loc’h.
Après le diner, on irait bien boire une bière au bistrot. Voiles sorties, mouillage levé, direction Saint Nicolas. Accostage à la voile, on est aux Glénans ou pas !
Partis depuis deux jours, ça fait du bien de marcher un peu et de voir du monde (le tour du monde en solitaire, c’est pas pour nous).
Premier demi en terrasse pour voir comment travaille le bateau puis on rentre au chaud pour la suite. Les autochtones nous félicitent pour notre arrivée : merci, faut pas…
Bon, c’est pas tout, mais il va faire nuit et on n’est pas d’ici. Faut remonter au vent pour regagner le mouillage. Notre place a été prise, on se décale à l’Ouest : mauvais choix, faudra se lever dans la nuit pour bouger. Ca nous apprendra de quitter le nid pour aller boire des coups.





Penfret, on arrive. Embouteillage au Loc’h. Le Juben au repos. Direction le bistrot
Au matin du troisième jour… direction l’Odet, au moins on ne manquera pas d’air. Comme on navigue à l’estime (pas de GPS ; le compas reste rangé à l’intérieur sinon on est moins bien pour dormir dans le cockpit…) le « chef d’équipage » confond le château d’eau de Bénodet avec celui de Pont l’Abbé. Heureusement qu’on essaie de suivre notre route, l’erreur n’a que peu d’influence sur notre navigation.
Entrée dans l’Odet, toujours au portant, on apprécie le paysage. Comme notre gaz a rendu l’âme on descend à terre. Sur le ponton visiteurs, on se sent petit, mais on ne fait que passer. Comme c’est dimanche, on fera des économies (en gaz et en argent, les magasins sont fermés). Retour sur le bateau direction plein Nord. On part manger plus loin, ici les bateaux sont trop gros pour nous.
Notre but : l’anse de Toulven. Il semblerait qu’il y ait un mouillage super. Faut pas louper l’entrée, mais c’est vrai que ce serait dommage de passer à côté (j’y retournerai en kayak avec Madame, ça vaut la promenade). A peine installés, on voit passer un bateau d’au moins 40 pieds à côté de nous. Ben ! faut pas se gêner, si les gros montent plus loin que nous maintenant !!! On remonte le mouillage, direction l’intérieur des terres, c’est vrai que l’on peut remonter bigrement loin. Les rares maisons visibles font vraiment envie, loin de la foule du bord de mer, dans une nature préservée. C’est quand qu’on gagne au loto ?



Le Capitaine quitte les Glénans. Les gros aussi sont beaux. Arrivée à Bénodet. Tourisme sur l’Odet. Mouillage de Toulven

Bon casse croute, temps de curé et si l’on rentrait sur Kerfany de nuit !

C’est parti, nous voilà descendant l’Odet dans la pénombre en profitant du jusant.
Une fois dehors, pétole, on ne pas passer la nuit à attendre le vent, demi tour.
On squatte un mouillage à l’entrée de la rivière (vu notre tonnage et la météo, on ne devrait pas l’arracher). Oublié le calme de Toulven, on dort en ville avec des bateaux à moteur qui passent tout le temps, je ne sais plus qui a eu l’idée de la « nav de nuit » mais il aurait mieux fait de s’abstenir.

L’appareillage sera matinal, avec ce vent, on n’est pas arrivés. Heureusement, la brise solaire se lève dans la journée, nous serons à l’heure pour retrouver les filles à « Kerfan ».

L’entrée du Belon est pour le Juben une formalité, il y est chez lui. On prend une place sur les filières (le capitaine connait le proprio) on a presque pied, « le bosco » n’a qu’à partir chercher une annexe pour son Capitaine. Le pire, c’est qu’il le fait. Comme il a pied, il encouragera le capitaine à le rejoindre dans l’eau. Le matos sur la tête, direction la plage du Gorjèn, ce soir, nous dormirons à terre.

Au matin, point météo avec le moniteur de l’école de voile. Ils annoncent du vent de sud-ouest fort pour la journée. Tant qu’on n’est pas à louvoyer, le Juben encaisse bien, nous partons.

Y a pas ! On est en Bretagne ! Les petits sur leurs Optimists, encaissent les surventes et le clapot de la sortie du Belon comme des grands. On a intérêt d’assurer, le mono nous a à l’œil. C’est vrai que dehors, ça pousse, mais c’est tout à fait manœuvrable.
Nous irons sous Groix pour casser la croute, Quelhuit et sa roche sauront nous accueillir. Nous assistons même à un démâtage d’un bateau d’au moins 10 mètres. Des plus gros que nous leur proposent de l’aide par radio. Nous ne les aiderons que du regard, l’équipage gèrera la situation seul. Ils rentreront à Port Tudy au moteur.
Un dernier « run » direction Port Louis au portant à se tirer la bourre avec des « gros ».

Encore une balade sympa avec un bateau léger, maniable, marin et relativement rapide. Plein d’images en tête, Capitaine, c’est quand tu veux qu’on repart.
Patrick

PS : pour la fin, plus de piles donc plus de photos